En 2024, 33 % des TPE et PME françaises privilégiaient l'abonnement payant (SaaS) pour acquérir leurs solutions numériques, contre 35 % l'achat de licences, selon le Baromètre France Num. Beaucoup de dirigeants en utilisent chaque jour sans savoir mettre un mot dessus. SaaS, c'est quoi exactement ? Qu'est-ce qui le distingue d'un logiciel installé, ou d'une application faite pour vous ?

Je suis développeur indépendant à Morlaix, dans le numérique depuis 2012, et j'ai construit un SaaS de A à Z pour mon propre compte.

En bref

  • Un SaaS (Software as a Service) est un logiciel que vous utilisez dans votre navigateur, sans rien installer, en payant un abonnement plutôt qu'une licence. L'éditeur héberge, met à jour et sécurise.
  • En 2024, 33 % des TPE PME françaises privilégiaient l'abonnement SaaS pour s'équiper, contre 35 % l'achat de licences (Baromètre France Num, 10 125 entreprises interrogées).
  • SaaS ou on premise : le SaaS se paie en charge mensuelle et se déploie vite ; le logiciel installé chez vous se paie en investissement et vous laisse la main sur les serveurs.
  • Les limites d'un SaaS sont la dépendance à l'éditeur, la connexion internet obligatoire et des données hébergées ailleurs. Avant de signer, vérifiez l'export des données et le contrat de sous-traitance RGPD.
  • Forex Calendar Pro, un SaaS que j'ai créé, est passé de l'idée à la mise en ligne en un mois : API, 5 langues, 3 plans d'abonnement.

SaaS, c'est quoi ? La définition en une phrase

Qu'est-ce qu'un SaaS ? Un logiciel hébergé par son éditeur, que vous utilisez par internet avec un identifiant et un mot de passe, et que vous payez par abonnement au lieu de l'acheter. Le sigle vient de l'anglais Software as a Service, « logiciel en tant que service ».

Deux définitions officielles, pour ceux qui veulent la version formelle :

  • France Num, le service de l'État dédié à la transformation numérique des TPE PME, décrit un logiciel SaaS comme un logiciel accessible via internet, sans rien installer sur son ordinateur. Les utilisateurs ne paient pas de licence, mais un droit d'accès, en général sous forme d'abonnement.
  • Le NIST, l'institut américain des normes, a posé en septembre 2011 la définition de référence du cloud (publication SP 800-145). Le SaaS y est la possibilité d'utiliser les applications du fournisseur, qui tournent sur son infrastructure cloud, depuis un navigateur ou une interface programme. Le client ne gère ni le réseau, ni les serveurs, ni les systèmes, ni le stockage.

Ce qu'il faut retenir : avec un SaaS, vous achetez l'usage d'un logiciel, pas le logiciel. Le code, les serveurs et les mises à jour restent chez l'éditeur.

Comment fonctionne un logiciel SaaS, concrètement

La plupart des logiciels SaaS sont une seule application, installée une fois sur les serveurs de l'éditeur, que tous les clients utilisent en même temps, chacun ne voyant que ses propres données. Le NIST décrit ce partage comme des ressources mutualisées selon un modèle multi-locataire, au service de nombreux clients.

De ce fonctionnement découlent les traits que vous reconnaîtrez :

  • Pas d'installation : une adresse web, un compte, et vous travaillez.
  • Une seule version pour tout le monde : quand l'éditeur corrige un bug ou ajoute une fonction, tous les clients en profitent en même temps.
  • Un abonnement par paliers : le prix dépend en général du nombre d'utilisateurs et des fonctions activées, avec plusieurs formules.
  • Des comptes et des droits : chaque utilisateur a un rôle, et retirer l'accès d'un salarié qui part se fait depuis un seul endroit.

SaaS, PaaS, IaaS : les trois étages du cloud

Le cloud est l'ensemble des ressources informatiques louées à distance ; le SaaS en est la couche la plus haute, celle où l'on vous loue un logiciel prêt à l'emploi. La CNIL définit le cloud comme des applications et des données qui ne se trouvent plus sur un ordinateur déterminé, mais sur des serveurs distants interconnectés. Le NIST distingue trois étages :

ModèleCe qu'on vous loueExemple d'usage
IaaS (infrastructure)Des serveurs, du stockage, du réseauUn informaticien y installe ce qu'il veut
PaaS (plateforme)Un environnement prêt pour déployer une application qu'on a codéeUn développeur y met en ligne son application
SaaS (logiciel)Un logiciel fini, utilisable tout de suiteUne gérante de PME y fait sa facturation

SaaS, on premise ou sur mesure : le comparatif

Le SaaS se loue, le logiciel on premise s'achète et s'installe chez vous, l'application sur mesure se fait développer pour vous et vous appartient. Ce sont trois façons de s'équiper, avec des conséquences différentes sur le budget, les données et la liberté de changer.

CritèreSaaSOn premise (logiciel installé)Application sur mesure
PaiementAbonnement mensuel ou annuelLicence achetée, plus la maintenanceDéveloppement au départ, puis hébergement et maintenance
En comptabilitéCharge de fonctionnementInvestissementSelon votre expert-comptable
Mise en routeImmédiate, après paramétrageInstallation sur vos postes ou serveursPlusieurs semaines de développement
Mises à jourFaites par l'éditeur, pour tousÀ votre chargeFaites par votre développeur, à votre rythme
DonnéesChez l'éditeurChez vousChez l'hébergeur que vous choisissez
FonctionsCelles prévues pour tous les clientsCelles du produit achetéCelles de votre process, pas une de plus
Changer de solutionDépend de l'export prévu par l'éditeurVous gardez le logiciel, parfois sans mises à jourLe code et les données sont à vous, si le contrat vous cède le code

La ligne comptable vient de France Num, qui précise qu'un SaaS n'est pas un investissement au bilan mais une charge de fonctionnement. Pour le détail entre logiciel installé, progiciel et application web, j'ai écrit un article sur la différence entre un logiciel et une application web.

Exemples de SaaS que vous utilisez sans le savoir

Votre messagerie professionnelle, votre outil de visio et votre facturation en ligne sont très probablement des SaaS. Des exemples connus, rangés par usage :

UsageExemples de SaaS
Bureautique et messagerieMicrosoft 365, Google Workspace
Relation client (CRM)Salesforce, HubSpot
Boutique en ligneShopify
E-mails et newslettersBrevo
Paiement en ligneStripe
VisioconférenceZoom
GraphismeCanva
Prise de rendez-vousDoctolib

Un exemple tiré de mon travail : Vinyles.com, un comparateur de prix de disques vinyles pour lequel je suis CTO externalisé, tourne sur Shopify, un SaaS. Shopify gère le catalogue et l'affichage des pages ; le site n'utilise ni le panier ni le paiement de Shopify, puisqu'il ne vend rien et renvoie vers des revendeurs. La mise à jour des prix, le scraping et le nettoyage des données tournent sur un serveur indépendant de Shopify, avec des tâches planifiées. C'est une situation fréquente : le SaaS couvre le standard, et ce qui fait votre différence se construit à côté.

Avantages et limites d'un SaaS pour une PME

Le SaaS est souvent le bon choix pour les fonctions standard d'une entreprise : facturation, messagerie, visio. Il devient un risque quand votre activité dépend d'un outil que vous ne contrôlez pas.

Ce que vous y gagnez

  • Un démarrage rapide : pas de serveur à acheter, pas d'installation, un compte suffit.
  • Pas de maintenance technique : sauvegardes, sécurité et mises à jour sont à la charge de l'éditeur.
  • Un coût lissé : une charge mensuelle plutôt qu'un gros achat, qu'on peut arrêter si l'outil ne convient plus.
  • L'accès de partout : bureau, chantier, domicile, depuis un ordinateur ou un téléphone.

Ce qu'on vous dit moins

  • La dépendance à l'éditeur : s'il augmente ses prix, retire une fonction ou ferme, vous subissez. Ce que j'entends : « Avec Wix, je n'ai pas la main, je dépends de la plateforme. »
  • Pas d'internet, pas d'outil : France Num le rappelle, il faut une bonne connexion pour utiliser un SaaS, faute de mode hors ligne.
  • Des données hébergées ailleurs : vous ne choisissez pas toujours le pays des serveurs.
  • Les abonnements qui s'empilent : un outil pour la compta, un pour la paie, un pour les devis, un pour les rendez-vous. Le total grimpe, et les données circulent mal de l'un à l'autre.
  • Le process adapté à l'outil : un SaaS est pensé pour un grand nombre de clients, c'est donc votre façon de travailler qui s'aligne sur la sienne.

Trois points à vérifier avant de souscrire

  1. L'export de vos données, dans un format lisible (tableur, CSV), à tout moment et sans surcoût caché. France Num conseille de choisir un prestataire qui l'autorise.
  2. Le contrat de sous-traitance RGPD. Un SaaS qui stocke les données de vos clients est un sous-traitant au sens du RGPD, comme le rappelle la CNIL : ses obligations (sécurité, transparence, alerte en cas de fuite) doivent figurer dans le contrat.
  3. Les conditions de sortie. Le règlement européen sur les données, le Data Act, s'applique depuis le 12 septembre 2025 et encadre le changement de fournisseur cloud. Lisez quand même la clause de résiliation avant de signer.

SaaS du marché ou application sur mesure : comment trancher

Prenez un SaaS du marché quand votre besoin est le même que celui de nombreuses autres entreprises ; faites développer une application quand l'outil doit suivre un process qui vous est propre, ou quand c'est vous qui voulez vendre le service.

Si un SaaS existant couvre l'essentiel de votre besoin sans contorsion, prenez-le, et gardez votre budget pour votre métier. Si vous payez plusieurs abonnements qui ne se parlent pas, avec des ressaisies de l'un à l'autre, une application unique peut remplacer la pile. Et si votre idée est elle-même un service à vendre à d'autres professionnels, vous n'êtes plus client d'un SaaS : vous en devenez l'éditeur.

Ce dernier cas est celui des porteurs de projet que j'accompagne : l'idée et la connaissance du métier sont là, il manque le produit. La démarche commence par une première version réduite, un MVP, pour vérifier que des clients paient avant d'aller plus loin. J'ai détaillé ce qu'est un MVP, ce qu'il coûte et comment le mener.

Un SaaS vu de l'intérieur : Forex Calendar Pro

Forex Calendar Pro est un SaaS que j'ai créé pour mon compte, passé de l'idée à la mise en ligne en un mois, entre décembre 2025 et janvier 2026. Il publie un calendrier économique, et il montre ce qu'un éditeur doit construire derrière la simple page de connexion que voit le client.

BriqueCe qu'elle fait dans Forex Calendar Pro
Le service lui-mêmeUn calendrier économique en temps réel sur plus de 50 indicateurs, 10 fuseaux horaires, 5 langues (français, anglais, allemand, japonais, chinois)
L'abonnementUn modèle freemium à trois plans (Free, Basic, Pro), avec des quotas par plan et un tableau de bord client
L'accès programmeUne API REST protégée par clé, avec cache, documentation et collection Postman (exemples Python, JavaScript, PHP)
Les services ajoutésDes briefings quotidiens générés par IA et des alertes Telegram filtrables par niveau d'impact
L'exploitationHébergement Vercel et Supabase, déploiement continu, sauvegardes

C'est la définition du NIST vue côté éditeur : le client ne gère ni serveurs ni mises à jour, parce que l'éditeur s'en charge. Les comptes, les quotas, la facturation par plan et les sauvegardes font partie de ce que l'éditeur doit construire et exploiter, et aucun client ne les voit. Le récit complet, avec la stack et les choix faits en route, est dans mon retour d'expérience sur la création d'un SaaS, et la fiche Forex Calendar Pro liste tout ce qui a été livré. Je ne publie ni nombre d'utilisateurs ni chiffre d'affaires.

Si vous avez une idée de logiciel SaaS à vendre à votre secteur, je construis des premières versions en 6 à 10 semaines, avec comptes, paiement par abonnement et tableau de bord, sur des technologies standard dont le code vous appartient. Le cadrage est gratuit, depuis Morlaix ou en visio : la démarche est décrite sur la page développement de micro-SaaS et MVP, et vous pouvez m'écrire directement.

Questions fréquentes sur le SaaS

Quelle est la différence entre le SaaS et le cloud ?

Le cloud désigne toutes les ressources informatiques louées à distance : serveurs, stockage, plateformes, logiciels. Le SaaS en est la partie où l'on vous loue un logiciel fini, prêt à l'emploi. Un SaaS est toujours dans le cloud, mais un serveur loué (IaaS) ou une plateforme de déploiement (PaaS) ne sont pas des SaaS.

Quels sont les inconvénients du SaaS ?

Les principaux inconvénients du SaaS sont la dépendance à l'éditeur (prix, fonctions, pérennité), la nécessité d'une connexion internet, l'hébergement des données sur des serveurs que vous ne choisissez pas toujours, et l'empilement d'abonnements quand chaque besoin a son outil. Ils se maîtrisent en vérifiant l'export des données et le contrat avant de souscrire.

SaaS ou on premise : lequel choisir pour une PME ?

Le SaaS convient aux fonctions standard, quand vous voulez démarrer vite sans gérer de serveur, avec une charge mensuelle. L'on premise se justifie quand vous devez garder les données dans vos locaux ou travailler sans internet, en acceptant l'achat, l'installation et les mises à jour à votre charge. Quand aucun des deux ne colle à votre process, une application sur mesure est la troisième voie.

Peut-on récupérer ses données en quittant un SaaS ?

Oui, si l'éditeur le prévoit. Vérifiez avant de signer que l'export est possible à tout moment dans un format lisible, comme un fichier CSV. Le règlement européen sur les données, applicable depuis le 12 septembre 2025, encadre aussi le changement de fournisseur cloud.